Posted by pourquoiécrivezvous under
Auteurs français [4] Comments
A` cette époque de la vie, on a déjà été atteint plusieurs fois par l’amour; il n’évolue plus seul suivant ses propres lois inconnues et fatales, devant notre coeur étonné et passif. Nous venons à son aide, nous le faussons par la mémoire, par la suggestion. En reconnaissant un de ses symptômes nous nous rappelons, nous faisons renaître les autres. Comme nous possedons sa chanson, gravée en nous toute entière, nous n’avons pas besoin qu’une femme nous en dise le début – rempli par l’admiration qu’inspire la beauté – pour en retrouver la suite.
Marcel Proust
Un amour de Swann
Posted by pourquoiécrivezvous under
Vie et art [4] Comments
Posted by pourquoiécrivezvous under
Vie et littérature [9] Comments
(…) que les êtres heureux ne savent pas grand-chose de la vie. La douleur est la grande éducatrice des hommes. C’est elle qui leur a enseigné les arts, la poésie et la morale; c’est elle qui leur a inspiré l’héroïsme avec la pitié; c’est elle qui a donné du prix à la vie en permettant qu’elle fût offerte en sacrifice; c’est elle, c’est l’auguste et bonne douleur qui a mis l’infini dans l’amour.
Anatole France
Pierre Nozière
Posted by pourquoiécrivezvous under
Vie et littérature [11] Comments
Le monde va finir. La seule raison pour laquelle il pourrait durer, c’est qu’il existe.
(…) La mécanique nous aura tellement américanisés, le progrès aura si bien atrophié en nous toute la partie spirituelle, que rien parmi les rêveries sanguinaires, sacrilèges ou anti-naturelles des utopistes ne pourra être comparé à ses résultats positifs.
(…) Ces temps sont peut-être bien proches; qui sait même s’ils ne sont pas venus, et si l’épaississement de notre nature n’est pas le seul obstacle qui nous empêche d’apprécier le milieu dans lequel nous respirons.
Quant à moi qui sens quelquefois en moi le ridicule d’un prophète, je sais que je n’y trouverai jamais la charité d’un médecin. Perdu dans ce vilain monde, coudoyé par les foules, je suis comme un homme lassé dont l’oeil ne voit en arrière, dans les années profondes, que désabusement et amertume, et devant lui qu’un orage où rien de neuf n’est contenu, ni enseignement, ni douleur.
Charles Baudelaire, Fusées in Journaux intimes
Posted by pourquoiécrivezvous under
Littérature latine [2] Comments
Suave, mari magno turbantibus aequora ventis
e terra magnum alterius spectare laborem;
non quia vexari quemquamst iucunda voluptas,
sed quibus ipse malis careas quia cernere suavest.
suave etiam belli certamina magna tueri
per campos instructa tua sine parte pericli;
sed nihil dulcius est, bene quam munita tenere
edita doctrina sapientum templa serena,
despicere unde queas alios passimque videre
errare atque viam palantis quaerere vitae,
certare ingenio, contendere nobilitate,
noctes atque dies niti praestante labore
ad summas emergere opes rerumque potiri.
o miseras hominum mentes, o pectora caeca!
qualibus in tenebris vitae quantisque periclis
degitur hoc aevi quod cumquest! nonne videre
nihil aliud sibi naturam latrare, nisi ut qui
corpore seiunctus dolor absit, mente fruatur
iucundo sensu cura semota metuque?
Lucrèce De rerum natura
Posted by pourquoiécrivezvous under
Art grec [5] Comments

Ille mi par esse deo videtur,
ille, si fas est, superare divos,
qui sedens adversus identidem te
spectat et audit
Catulle